Échos de la réanimation

D0EF2D13-9477-4F92-88AF-2EE0A65D68E7Pendant ces premiers moments passés en réanimation à la clinique Ambroise Paré, nous avons été propulsés dans un univers incroyable. Plusieurs services se sont métamorphosés en réanimation avec un niveau technique et d'engagement des soignants exceptionnel. La contagiosité extrême des malades oblige à tout redimensionner. Les portes de chambre sont recouvertes à l'extérieur des derniers examens tels électrocardiogramme et les prises de sang mesurant l'oxygénation. Un récipient accueille au pied de celles-ci les prélèvements biologiques réalisés dans la chambre ou les médicaments attendant d'y

rentrer afin de limiter les déplacements.

Dans les couloirs, les soignants se recouvrent de toute le nécessaire qui les protège. Ce matériel, supporté pendant les longues périodes nécessaires aux soins auprès du malade, est aussi source d'inconfort. Il ne peut être question d'entrer et de sortir de la chambre sans réaliser le long protocole de désinfection.

Les patients disposent de toute une technologie sophistiquée pour assurer leur survie malgré les poumons massacrés par le virus. Respirateurs, gaz dilatant les alvéoles, médicaments favorisant l'oxygénation, retournement ventral permettant la mobilisation de lobes pulmonaires, dialyse rénale au pied du lit parfois même : la prise en charge est complexe et réévaluée sans cesse. 

Hier, pour la deuxième fois depuis le début de l'épidémie, une patiente a pu quitter la réanimation pour un service d'hospitalisation, presque tirée d'affaire. J'ai vu la fierté des soignants qui voyaient leurs efforts enfin récompensés. Dans le même temps, mon collègue réanimateur espérait sevrer le soir même trois autres personnes de la ventilation artificielle.

Avec méthode, lucidité et enthousiasme, ils avancent jour après jour dans la compréhension de la maladie et dans leurs protocoles de prise en charge. Avec leur expérience, avec celle des autres étudiée quotidiennement, notamment venant des pays ayant été touchés avant le nôtre, ils donnent toutes ses chances à chaque malade.

Les visites étant interdites, le médecin appelle tous les jours un membre de la famille pour l'informer de l'évolution de leur proche. Dialogue attendu avec fébrilité et espoir. Hier soir, la fille d'un patient que j'avais pris en charge me demandait de lui transmettre toute leur affection, que toute visite leur était interdite mais qu'ils ne l'abandonnaient pas...

La photo en haut de cet article a été réalisée à l'arrivée de notre équipe rouennaise. Regardez bien toutes nos infirmiers et infirmières qui, en ce moment, s'engagent auprès des malades de réanimation et qui ramèneront avec eux un savoir faire et une expertise précieuse. Un grand merci à tous ces soignants.

bruno devaux

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Bienvenue sur ce blog qui s'intéresse à Rouen et à la Normandie. Conseiller municipal de Rouen, médecin rouennais, je participe à notre réflexion collective sur le devenir de notre cité et de sa Région. Dans le cadre de mon association « Le Pommier », c'est sur des sujets locaux et de société que je souhaite dialoguer avec vous.

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